Question · Question ouverte
Le doute est-il une faiblesse de l'esprit ou sa plus haute politesse ?
Montaigne
Douter, ce n'est pas manquer de convictions : c'est refuser de les imposer avant de les avoir éprouvées.
On reproche au doute d'affaiblir. Il désarme, dit-on, celui qui devrait trancher. Mais l'esprit qui doute ne recule pas : il fait de la place.
Le doute est une politesse parce qu'il suppose que l'autre pourrait avoir raison. Il n'est faiblesse que lorsqu'il devient confort, lorsqu'on s'y installe pour n'avoir jamais à s'engager.
La distinction est simple : le doute fécond conduit à chercher, le doute stérile dispense de chercher.